Pourquoi le programme Rivières Sauvages ?

Un constat alarmant

rizzanese_2009L’inventaire national fait dans le cadre de la mise en œuvre de la Directive Cadre Européenne sur l’Eau (DCE2000/60) (voir la définition) montre que seulement 7 % des masses d’eau peuvent être considérées comme en « très bon état écologique » sur la seule base des critères retenus pour l’évaluation de l’état des cours d’eau. C’est très peu.

Cependant il existe encore en France quelques cours d’eau (ou parfois tronçons de cours d’eau), proche d’un « état naturel ». Ces milieux rares, malgré divers dispositifs de protection sur le papier (classements divers, Natura 2000, etc…) sont pour la plupart d’entre eux extrêmement vulnérables et parfois encore menacés, comme par exemple avec la construction d’un barrage sur le Rizzanese, fleuve méditerranéen corse (photo ci-contre) en 2009.

Des outils de gestion inadaptés

Les dispositifs réglementaires et contractuels existants s’améliorent mais sont parfois incomplets, souvent mal adaptées ou peu fonctionnels, avec de nombreuses incohérences liées à :
– des manques de connaissances, des pratiques simplistes de l’aménagement des fleuves,
– des rapports de force peu favorables à la protection de la ressource en eau et des cours d’eau.
Il n’existe pas actuellement de politique de préservation efficace des « dernières rivières naturelles » car les outils proposés aux gestionnaires et les financements publics sont principalement dédiés à la restauration des cours d’eau dégradés et de leurs milieux associés. Par exemple : les aides au développement des activités non polluantes comme l’agriculture biologique sur les zones d’alimentation de captage d’eau sont insignifiantes.

Mais des initiatives locales encourageantes …

ramieres_verticales_Y_MontilletBeaucoup de scientifiques, d’ONG (dont le WWF France et ERN France), d’institutions et de gestionnaires qui ont en charge la protection des cours d’eau sont d’accord sur le fait que la pratique nationale de protection et de conservation des rivières est insuffisante en France.
Afin d’améliorer les outils techniques, financiers et réglementaires au service de la protection des rivières de nombreuses initiatives locales innovantes et encourageantes sont engagées par des collectivités locales et des associations.

… pour construire une reconnaissance publique et citoyenne de nos joyaux d’eau courante.

Ces initiatives montrent que nous pouvons construire, comme cela s’est fait dans d’autres pays avec une « culture de la nature » plus féconde (Autriche, Etats-Unis, Canada, Nouvelle-Zélande, Suisse,..) une forme d’appropriation populaire de ce capital naturel qu’est la « rivière sauvage ». Grâce à un projet partagé, une démarche volontaire sur un territoire préservé en France, et en Europe, certains gestionnaires en charge de la gestion des rivières jouissant des mesures de protection les plus élevées peuvent être intéressés par une démarche autour de l’attribution d’un label, une marque de reconnaissance pour les rivières à très forte valeur patrimoniale.