L’Artoise, du hameau de Cendron à la confluence avec le Gland

labellisée en juin 2016

Actualités de l’Artoise :

Le bassin versant et la rivière

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Tronçon de l’Artoise labellisé “Site Rivières Sauvages”

Prenant ses sources près de Chimay en Belgique, l’Artoise coule ensuite vers la Thiérache pour se jeter dans le Gland en forêt de Saint-Michel (02). Ce cours d’eau a la particularité de délimiter par une partie de son tracé la limite entre la France et la Belgique, avec en rive droite la Belgique, et en rive gauche la France. Le cours d’eau est belges sur 4,5 km, transfrontalier sur 9 km et français sur 5,5 km.

L’Artoise est l’une des dernières « reliques » du département de l’Aisne présentant un état de fonctionnement écologique remarquable dans sa partie aval, s’expliquant particulièrement par la géologie et l’occupation forestière du fond de vallée qui a pu préserver le cours d’eau. Le linéaire belge traverse un paysage beaucoup plus agricole, on y retrouve aussi une traditionnelle brasserie trappiste. Ce linéaire présente, paradoxalement, quelques perturbations qui nuisent au fonctionnement « sauvage » du milieu. L’intérêt belge pour l’extension du label est forte. Une réflexion menée localement devrait permettre d’engager des actions de préservation sur l’amont de l’Artoise, un projet de type Interreg pourrait être déposer pour cela.

Le caractère sauvage de la rivière

Le cours de la rivière, assez sinueux, se divise fréquemment en plusieurs bras, formant ainsi des milieux connexes propices à l’installation d’espèces de milieux lentiques comme la Salamandre tachetée ou le Triton palmé. La Truite fario, le Chabot commun et des espèces d’invertébrés comme Amphinemuraborealis (seule station en France) représentent les espèces les plus emblématiques du cours d’eau. L’espace alluvial préservé abrite un ensemble d’espèces d’oiseaux remarquables comme la Cigogne noire, le Pic noir ou encore le Cincle plongeur.

Une fédération d’acteurs privés et publics

 

La Fédération de l’Aisne pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique, qui a pour objet le développement de l’activité pêche, la protection des milieux aquatiques et sa mise en valeur, porte la coordination du programme lié à la labellisation ” Site Rivières Sauvages” de l’Artoise. La fédération assiste l’AAPPMA des Vallées du Gland, de l’Artoise, du Ton et de l’Oise pour la gestion patrimoniale du parcours.

 

L’Office National des Forêts assure une gestion durable de la forêt de Saint-Michel, la structure pratique une gestion sur ce site davantage tournée vers la protection de l’environnement que la production de bois. L’Office National des Forêts est gestionnaire à plus de 80 % du territoire proposé à la labellisation. La gestion forestière menée est en lien avec la qualité du bassin versant labellisé. Il est donc un acteur majeur pour cette candidature et est donc co-porteur du programme d’actions avec la FAPPMA.

Le programme d’actions

La labellisation de l’Artoise entraine la mise en place d’un programme d’actions, ayant pour principal objectif la conservation du cours d’eau. Ce dernier se décompose en trois volets principaux et intègre des actions scientifiques et de gestion de l’espace naturel, aussi bien sur des aspects environnementaux, sociaux ou économiques :

  • Gouvernance et gestion du projet de labellisation : coordination des acteurs et animation du site labellisé, élargissement du label au territoire belge et développement de partenariats divers.
  • Conservation : surveillance de la qualité du milieu par le biais d’un monitoring écologique de conservation, évaluation monétaire des services écosystémiques, analyse de viabilité de la population de Truite fario, sensibilisation sur les activités du bassin versant, gestion de l’activité pêche, valorisation du territoire par l’éducation du public et des acteurs du territoires et aide à la prise de conscience de l’intérêt de conserver.
  • Restauration : restauration des points noirs identifiés à l’amont, restauration de la continuité écologique des affluents et lutte contre les écrevisses signal.

Les actions de suivi du milieu sont innovantes pour le territoire. Ces actions permettront d’assurer la préservation du milieu. Par exemple, la mise en place du monitoring écologique de conservation, adapté aux caractéristiques du bassin versant, permettra d’anticiper les pressions et prévenir les dégradations éventuelles en surveillant la qualité du milieu avec comme objectif la préservation de la qualité écologique du bassin versant.

Vidéo :

Une journée en eaux inconnues avec Julien Lorquet

Reportage par Le Pêcheur Belge, 2016