photo chéran 2Une surveillance du Chéran « sur mesure » permettra de suivre plus finement l’écologie de la rivière que les simples indicateurs utilisés dans le cadre de la DCE. Ce réseau de surveillance « sur mesure » a été validé par les acteurs du bassin versant et s’affiche comme une prérogative nécessaire dans le cadre de la demande à la candidature au label « rivière sauvage ».
En effet, de par la connaissance précise des conditions environnementales observées dans la rivière et la volonté nécessaire d’anticiper leurs évolutions, s’élaboreront des prises de décisions adaptées à la préservation des caractéristiques du fonctionnement naturel du Chéran.
Ici réside l’idée de conservation de notre patrimoine naturel qui garantira aux générations futures des environnements riches et variés. Le « Fonds pour la Conservation des Rivières Sauvages » travaille donc dans ce sens et se joint aux travaux du SMIAC et de ses partenaires, pour apporter et valider de nouveaux outils permettant la conservation de l’aspect « sauvage » de nos rivières.

Eléments d’explications:

Dans la continuité de l’étude bilan réalisée au terme du contrat de rivière (1997-2008) mené par le Syndicat Mixte Interdépartemental d’Aménagement du Chéran (SMIAC), un programme d’actions a été construit pour la période 2012-2015. Ce programme fixe des objectifs à atteindre pour le SMIAC en lien avec les orientations du Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE).

Dans le cadre de ce programme, un diagnostic écologique1 (ou diagnose) a été demandé au SMIAC puisque l’étude bilan a fait émerger l’hypothèse que le peuplement piscicole et notamment l’état démographique de la population de truites sauvages semblaient dégradés et n’étaient pas conformes à ce qui devrait être attendue sur une rivière comme le Chéran, notamment au regard de la qualité du milieu révélée par les indicateurs classiques utilisés (SEQ eau, IBGN, IBD, …). Cette diagnose, initiée en 2013, est réalisée par Julien Bergé (Chargé de mission, Docteur en hydrobiologie). Cette étude constitue une étape clef quant à la détermination des problématiques écologiques existantes sur le bassin versant du Chéran.

Parmi les résultats principaux de la diagnose, il a été mis en évidence une absence de déclin piscicole qui était supposé dans l’étude bilan. La diagnose a en effet permis l’élaboration d’une base de données assurant l’utilisation d’une quantité plus importante d’informations (recueillies entre 1980 et 2012) montrant que la population ne montre aucune tendance à l’évolution. Les résultats de l’étude bilan liés à l’utilisation de deux années de suivi (2000 et 2008) étaient donc leurrés par une variabilité naturelle de la population de truites (en termes de biomasse et de densité) qui ne peut être prise en compte que par l’utilisation de données spatio-temporelles soutenues. De ce fait, la nécessité de travailler avec des données représentatives de la vie de la rivière, a justifié la mise en place d’une surveillance (ou monitoring) de la rivière Chéran (assurée par le SMIAC).

Malgré une absence de déclin, la population de truite du Chéran présenterait un état de santé «moyen » (biomasses/densités en deçà des moyennes observées dans la littérature scientifique). Cet état de santé est à mettre en lien avec l’évolution des caractéristiques hydrologiques et thermiques de la rivière, ainsi qu’à la distribution spatiale des habitats de reproduction. Cette mise en relation est l’objet d’une prolongation de la diagnose qui sera réalisée en 2014-2015 afin de finaliser l’étude écologique du Chéran.

1étude financée par l’Agence de l’Eau Rhône-Méditerranée et Corse, le conseil général de Haute-Savoie, le Parc Naturel du Massif des Bauges, l’Association Agréée pour la Pêche et la Protection des Milieux Aquatiques de l’Albanais, le « Fonds pour la Conservation des Rivières Sauvages »)

 

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