Le 19 septembre dernier, l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée & Corse a organisé un séminaire scientifique à Lyon qui a rassemblé experts du changement climatique, gestionnaires de l’eau, collectivités et État, avec pour objectif de dresser l’état des connaissances actuelles sur les incidences du changement climatique sur la gestion de l’eau sur les bassins Rhône-Méditerranée & Corse et échanger sur les pistes de travail pour adapter les politiques de gestion de l’eau.

Une journée scientifique, donc, où les ONG étaient certes invitées, mais où l’absence de représentation des consommateurs, associations de protection des milieux aquatiques, etc. était flagrante. Malgré cela, nombre d’interventions notables, parmi les nombreuses présentations scientifiques où l’on pourrait regretter l’importance donnée à la méthode plutôt qu’aux résultats et préconisations. La Vis, candidate au Label Rivière Sauvage est donc tout particulièrement concernée.

Parmi celles-ci, celle du Préfet coordinateur du bassin Rhône-Méditerrannée, Jean-François Carenco, qui fait état sans langue de bois de son inquiétude profonde quant aux conséquences du changement climatique à venir :

http://www.youtube.com/watch?v=3odJJ51-Df8

A quand donc une prise de conscience généralisée de nos « élites », bien nécéssaire encore lorsque l’on voit comme l’Etat local démissionne en Loire amont (cette « affaire » de la reconstruction du barrage des Plats, sur la Semène, affluent de la Loire, gaspillage inconsidéré d’argent public et destruction de la continuité écologique d’une rivière, ou bien encore le déclassement très récent par la DDT de la Loire de nombre de rivières et réservoirs biologiques pourtant inscrits au SDAGE Loire-Bretagne)?

Autre intervention remarquable de notre point de vue, celle du consultant spécialisé dans l’adaptation au changement climatique, Stéphane Simonet, qui plaide l’adoption sur le long, très long terme (loin donc des cycles d’élection chers à nos dirigeants), de méthodes souples, agiles et progressives tendant vers une gestion adaptive des territoires, qui permettra de renforcer la résilience de nos territoires face aux chocs climatiques à venir.

Sa méthodologie, basée sur les notions d’adaptibilité, place la construction de nouveaux ouvrages dans les pires solutions à long terme. Au contraire, la restauration de la continuité écologique des cours d’eau est mise en avant, car elle permet aux rivières de jouer leur rôle d’éponge, de rechargement des nappes, de traitement des eaux, bref, tous les services écologiques rendus par les cours d’eau.

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(avec notamment la page 12, concernant les méthodes à adopter, et le manque absolu de pertinence quant à la construction de nouveaux barrages)

Aller plus loin :

Rapport Agence de l’eau : http://www.eaurmc.fr/fileadmin/espace-presse/documents/Connaissances_CC_rapport_AERMC_-_03sept.pdf

Interventions vidéos : http://www.eaurmc.fr/espace-dinformation/actes-des-colloques/seminaire-eau-et-changement-climatique.html